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Après 18 mois de détention, Hervé et Stéphane ont été libérés ce 29 juin.
"J'ai envie de faire ce métier plus que jamais", a assuré Hervé Ghesquière à la fin de la conférence de presse que les deux otages ont donné sur le tarmac.
"J'ai eu un espoir en septembre dernier", a raconté Stéphane Taponier. "On m'a dit que les négociations étaient proches de la fin. (...) A la fin, on n'y croit plus (...) Les espoirs déçus, on connaît et on s'y habitue".
"Jamais été menacés de mort". Hervé Ghesquière a affirmé qu'ils n'avaient "jamais été menacés de mort, jamais frappés", dans une déclaration sur France 3 peu après leur arrivée sur l'aéroport de Villacoublay. Il a précisé avoir passé "huit mois tout seul", séparé de son collègue. Ils étaient très soucieux que rien ne sorte de coument écrit meme si c'était la vie courant banale d'un otage. On ne se rjaouissait pas pendant les repas.
Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier racontent leur détention devant les journalistes. "Il fallait être super solide, super costaud, bien structuré son temps. Il ne fallait pas partir dans l'ennui, dans le désespoir. On s 'est bien accroché. On n'a pas été maltraités", a raconté Hervé Ghesquière. "On a su qu'on était libéré quand ils nous ont donné notre habit immaculé blanc et qu'ils nous ont mis dans la voiture", a raconté Stéphane Taponier.
Stéphane Taponier : "on va très bien mentalement". "On s'est dit au début qu'il fallait garder le moral on savait qu'on ne risquait pas notre vie", a raconté Stéphane Taponier au micro de France 3 à son arrivée. "On a toujours gardé le cap. Cette libération, on l'attendait tous les jours", a-t-il ajouté.
Hervé Ghesquière : "Ça fait du bien d 'être là". "On a atterri au sens propre du terme et au sens figuré. Ça fait du bien d 'être là", a expliqué Hervé Ghesquière sur France 3 lors de son arrivée à Villacoublay. "Ça a été long. Il y a eu des longs tunnels noirs. Ces derniers mois, on ne voyait rien venir", a-t-il raconté. "C'est un vrai soulagement".
"Je vais très bien", assure Stéphane Taponier. "On est arrivés très heureux.", a-t-il raconté sur France 3. "On avait la radio donc on avait un peu les informations de ce qu'il s'est passé en France", a poursuivi le journaliste.
"On était au coude à coude", raconte Hervé Ghesquière. "On vient de voir Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé", a expliqué Hervé Ghesquière sur France 3. "Stéphane va bien. On était tous les deux au coude à coude, super forts", a expliqué le journaliste. "J'ai été 18 mois seul, du 13 avril jusqu'au 13 décembre 2010", a-t-il raconté. "J'écoutais la radio cinq à six heures par jour", a encore détaillé l'ancien otage. "On n'a jamais été maltraités", a assure Hervé Ghesquière.
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Cher Hervé, Cher Stéphane,
C’est un vieil homme qui vous parle, qui, dans sa jeunesse, pendant les années noires, a échappé à maintes reprises et de justesse à la mort violente. Il a surtout passé trois mois caché dans une cave, se sachant condamné à la pendaison en cas de découverte.
Il ne va pas comparer cette situation, certes périlleuse alors, à la vôtre, beaucoup plus angoissante de par la durée de l’épreuve, les caprices des ravisseurs, l’horreur de la détention et, à répétition, l’espoir étranglé à peine né.
Il se souvient cependant des deux marronniers qui se dressaient devant la maison où il se terrait. Et il se souvient du jeu qu’il s’était inventé, jaugeant la capacité de l’une ou de l’autre de recevoir la corde : la branche basse de l’un contre la haute de l’autre, la première étant trop faible pour supporter son poids, quant à l’autre, solide, elle ne pouvait être atteinte que par une échelle. Or ce procédé aurait été trop compliqué. On aurait pu le fusiller tout simplement, mais il faut toujours aux exécuteurs de tout bord des châtiments exemplaires, dans ce cas-ci c’était la corde… Que pouvait-il faire d’autre alors que de transformer les possibilités en un jeu, y ajoutant des combinaisons devenant de plus en plus compliquées, comme s’il tirait des cartes truquées de sa manche. Et il finissait par en rire et griffonnait des poèmes d’amour sur des bouts de papier. Ce qui lui permit de maintenir l’angoisse à un niveau supportable.
Hervé, Stéphane, le vieil homme sait que ses trois mois à lui ne sont rien à côté de l’épreuve qui doit vous miner physiquement et psychiquement. Mais il sait aussi, par ce qu’on a appris de vous, que vous êtes capables de lancer un défi à la barbarie en cuirassant votre mental, en bluffant le spectre angoisse.
Nous sommes des millions à penser à vous. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous devez certainement ressentir au tréfonds de vous-mêmes cette vague d’amour et d’amitié qui a déferlé sur le pays tout entier : l’esprit peut, ainsi multiplier, rompre les limites de la perception humaine et briser les chaines de l’intolérance mortifère, au nom du principe espérance.
Je vous embrasse comme si vous étiez mes fils.
André Weckmann
Ecrivain.